Comment Le Pen utilise son micro-parti pour aider financièrement un Front national au bord de la faillite

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Message  manu le Ven 4 Mar - 10:27

Comment Jean-Marie Le Pen utilise son micro-parti pour aider financièrement un Front national au bord de la faillite ?

depuis 2007, les finances du Front national sont dans le rouge. Une politique de réduction de coûts (moins de permanents, siège du parti plus modeste) n'a pas réussi à redresser les comptes. En cause : une dette de près de 6,33 millions d'euros qui plombe les comptes du parti depuis la campagne présidentielle de 2007. Dans les comptes de campagne de 2009, qui ont été publiés fin décembre au Journal Officiel, il est même indiqué que le parti aurait sans doute du mal "à faire face à certaines échéances". Qu'à cela ne tienne, Jean-Marie Le Pen a un micro-parti pour palier le manque de fonds. C'est ce micro-parti, appelé Cotelec, qui a notamment régler la facture de la location de la salle lors du sacre de Marine Le Pen en janvier dernier.

C'est Le Canard enchaîné du 2 mars 2011 qui a révélé l'astuce de Le Pen pour contourner l'impasse financière du FN.

Une dette de 6,33 millions d'euros qui date de 2007
L'histoire de cette dette est connue. En 2007, avant les législatives, Le Pen cherche des fonds pour faire campagne. Il a d'abord tenté d'obtenir un prêt bancaire mais pas un établissement n'a accepté de prêter la moindre somme. C'est alors qu'il s'est tourné vers l'imprimeur et compagnon de route du chef du parti, Fernand Le Rachinel, qui a accepté d'hypothéquer ses biens immobiliers pour prêter près de 8 millions d'euros au FN.
Malgré cette somme, la campagne des législatives s'avère catastrophique pour le parti : contrairement à ce qu'ils espéraient, 360 candidats ne sont pas parvenus à obtenir les 5% de suffrages minimum pour être remboursés de leurs frais par l'Etat. Et compte tenu de ce faible score, la part de subventions accordées au titre du financement public des partis politiques a fortement diminué : elle est passée pour le Front National de 4,6 millions d'euros à 1,8 million d'euros par an.
Très vite, le Front national s'est retrouvé acculé, croulant sous les dettes et quand Fernand Le Rachinel est venu demander ses remboursements afin de palier ses propres dettes, le parti a refusé prétextant des « surfacturations ».
Faute d'avoir remboursé sa dette, le FN n'a pas touché sa subvention publique en 2010 et 2011
Après avoir tenté un arrangement à l'amiable, l'imprimeur a porté plainte. Au départ, le Tribunal de grande instance de Nanterre a nommé un expert pour déterminer divers points litigieux comme les « surfacturations ». La Cour d'appel de Versailles a finalement donné raison à Fernand Le Rachinel le 11 février 2009. Le Front national est donc condamné à lui payer 6,3 millions d'euros de dettes majorées de 600 000 euros d'intérêts, plus les frais de justice.
Malgré cette décision de justice favorable, Le Rachinel peine à se faire rembourser par le FN. Seul lot de consolation : en 2010 et 2011, l'aide publique allouée au FN par l'Etat a été saisi, soit deux fois 1,8 million d'euros. Autant dire que cette saisie n'a pas arrangé les comptes du parti. Mais Le Pen a trouvé la parade grâce à son micro-parti, baptisé "Cotelec".
La location de la salle lors du sacre de Marine Le Pen a été réglée par le micro-parti de Le Pen
Selon Le Canard enchaîné, face aux difficultés financières du FN, "Jean-Marie Le Pen a tout prévu. Il reste le patron de Cotelec, un mini-parti dont la seule raison d'être est de collecter des fonds pour les prêter au FN, en contournant les règles de financement des partis. En 2009, le Front national a reçu 2,6 millions d'euros de Cotelec. Et c'est cette même association qui a payé la location du Palais des Congrès de Tours, le "Vinci", qui a accueilli les 15 et 16 janvier, le sacre de Marine. C'est ainsi que la débâcle financière du parti permet au père de maintenir la fille sous contrôle. L'autre avantage est d'échapper aux créanciers. Dont Le Rachinel".

Au FN, on n'a pas de pétrole, mais des idées.


Source : Dominique Simmonot, "Les riches idées du FN pour rester pauvre", Le Canard enchaîné n°4714, 2 mars 2011
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