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Message  elfeeolh45 le Ven 16 Avr - 16:04

Ici, vont s'accumuler un certain nombre de textes légués par nos penseurs de la mouvance " nouvelle droite". Il s'agira entre autres, de Julius Evola, de Ernst Jünger ou du "GRECE", que je récupère via d'autres moyens sur le net. Tous ne figureront certainement pas. N'hésitez pas à participer, sans toute fois vérifier s'il n'est déjà présent.
Le titre doit être le seul figurant en gras.


Du symbolisme politique de la couleur noire

Dr. Karlheinz Weissmann - Article paru dans « Junge Freiheit », Berlin, n°30/2007.
Début juillet, en Allemagne, des militants de la NPD manifestaient dans les rues tandis que des contre-manifestants s’y opposaient ; dans ce contexte, les journalistes ont quelquefois évoqué l’émergence d’un « Bloc Noir » de l’extrême droite, dont les symboles ne se distinguent pas aisément de ceux de l’extrême gauche.

Cette explication pourrait nous faire penser que ces journalistes veulent traiter d’un phénomène, observable et récurrent, celui du passage des idées politiques de la gauche à la droite, et vice-versa, ou de l’aveu de Joschka Fischer, ancien ministre des affaires étrangères de la RFA, qui vient de déclarer qu’il lisait Ernst Jünger (« Le combat comme expérience intérieure »), quand il jouait au guérillero dans les rues ; ces journalistes ont peut-être aussi voulu dire que les extrêmes finissent toujours par se rejoindre. En fait, « Bloc Noir » ou non, l’analyse nous démontre que la couleur noire a été le signe de la gauche révolutionnaire comme de la droite révolutionnaire.

Chronologiquement, l’usage du noir, comme signe politique, a d’abord été le fait de la gauche : lors de la Révolution de Juillet à Paris en 1830, on n’a pas seulement vu les partisans du drapeau « rouge » s’opposer aux partisans du drapeau tricolore ; au sein même de la fraction la plus radicale, émergea, à l’époque, un mouvement anarchiste, au sens le plus strict du terme, qui fit du noir sa couleur de prédilection. En 1848, Bakounine se range tout naturellement derrière un drapeau noir. Lors de la Commune, en 1871, des éléments très radicaux font à leur tour usage d’un drapeau noir.

Depuis les années 1880, des groupes anarchistes commencent à s’organiser dans bon nombre de pays européens et aux Etats-Unis : ce courant s’identifie à la couleur noire. On en vient alors à considérer, partout, que le noir est la couleur des anarchistes ; c’est donc en noir que combattent les troupes de Nestor Makhno après la première guerre mondiale pour une Ukraine indépendante. Les milices anarchistes espagnoles choisissent aussi le noir pendant la guerre civile de 1936-39.

Au cours du vingtième siècle, l’anarchisme perd rapidement de son importance. Son drapeau noir tombe dans l’oubli. Il ne renaîtra que lors de la révolte étudiante des années 60, d’abord aux Etats-Unis, ensuite dans le monde entier.

Les anarchistes interprètent l’usage du noir par leurs militants de manières différentes : les uns prétendent qu’ils reprennent un symbole traditionnel de protestation ; d’autres affirment qu’il s’agit du noir du deuil porté en souvenir des combattants tombés pour la Commune en 1871. D’autres encore, comme Howard Ehrlich, émettent la thèse que le drapeau noir représente la « négation de toutes les couleurs », et est donc le symbole du refus de toutes les formes de domination exercées sur l’homme.

Bien entendu, les anarchistes ne peuvent pas revendiquer le monopole du drapeau et de la couleur noirs : pendant l’entre-deux-guerres, il y eut des mouvements nationalistes qui choisirent cette couleur symbolique parce qu’elle recelait, à leur yeux, une dynamique révolutionnaire. Ce fut surtout le cas des fascistes italiens qui défilaient en chemises noires et portaient des drapeaux, fanions et étendards noirs.

Rien n’est clair quant à l’origine de la chemise noire. La thèse la plus plausible est qu’elle provient des uniformes des « arditi », unités d’élite italiennes de l’armée de terre, dont les soldats, après la Grande Guerre, ont souvent rejoint les partisans de Mussolini. Les « arditi » préféraient les chemises noires sous leurs vestes d’uniforme, parce que celles-ci leur donnaient un aspect particulièrement terrifiant. A rebours d’une thèse qui a également été émise, je ne pense pas que les fascistes aient choisi des chemises noires parce que les ouvriers d’Emilie-Romagne en portaient traditionnellement.

Beaucoup de petites formations fascistes reprennent la chemise noire à partir des années 20, copiant ainsi leur modèle italien. En Allemagne, la NSDAP préférait le brun pour les uniformes de ses formations politiques (même si les SS, avec leurs uniformes entièrement noirs, disaient appartenir au « Schwarzes Korps », au « Corps Noir »). Pourquoi avoir choisi le brun ? Sans doute parce que le noir avait déjà été accaparé par des mouvements nationaux révolutionnaires concurrents des nationaux-socialistes.

Immédiatement après la première guerre mondiale, les nationalistes, dans le Reich allemand, avaient hissé des drapeaux noirs pour protester contre les clauses du Traité de Versailles. Durant les années 20, bon nombre de groupes et groupuscules adoptent le noir comme symbole, notamment sous l’influence d’Arthur Moeller van den Bruck. Les principaux groupes qui optèrent pour le noir sont les fédérations de jeunesse (Jugendbünde), le Landvolkbewegung (Le mouvement du peuple des campagnes) et le mouvement « Widerstand » (= Résistance) du théoricien national révolutionnaire Ernst Niekisch. La dissidence de la NSDAP, que l’on a appelée le « Front Noir », utilisa aussi un drapeau noir.

Après la seconde guerre mondiale, les emblèmes noirs disparaissent presque totalement. Ils ne reviendront que dans les années 90, quand des « Kameradschaften » militantes de l’extrême droite réapparaissent dans les rues d’Allemagne : elles ont puisé, pour créer leurs symboles, dans les vieux fonds des traditions nationalistes. Elles ont découvert que le noir y avait eu son importance. D’où la notion de « Bloc Noir ». Ce « Bloc Noir » utilise le noir dans des variantes vestimentaires à la mode : sweat-shirts à capuchon, casquettes de base-ball, lunettes solaires noires ou à miroir.


Dernière édition par elfeeolh45 le Ven 16 Avr - 16:19, édité 1 fois
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Message  elfeeolh45 le Ven 16 Avr - 16:17

Avertissement : Le texte ne fais ni négation, ni encouragement à la haine. Il permet entre autres, d'analyser des comportements sociétaux, dans un contexte particulier, et reste au regard de la loi, sujet à la libre expression.

L' « Etat de l'Ordre » et les SS

Ce chapitre est extrait du livre de Julius Evola : Notes sur le Troisième Reich (traduction française par le Cercle Culture et Liberté, Paris 1981).

"Considérons maintenant certaines initiatives du Troisième Reich qui, de notre point de vue, ne sont pas dénuées d'intérêt et dans lesquelles des influences et des exigences liées partiellement aux idées de la «révolution conservatrice» ont agi. Il s'agit de tout ce qui était en relation avec le concept, ou l'idéal, d'un Ordensstaat, c'est-à-dire d'un Etat dirigé par un Ordre (en opposition partielle à la formule de l'Etat-parti), au-delà des formules collectivisantes de la Volksgemeinschaft, de la ollectivité nationale-raciale et de l'«Etat du Führer» à base totalitaire, populiste et dictatoriale.

D'une certaine manière, on reprenait ainsi la tradition des origines prussiennes. On sait en effet que le noyau originel de la Prusse fut un Ordre, l'Ordre des Chevaliers Teutoniques, qui furent appelés en 1226 par le duc polonais Conrad de Mazovie pour défendre les frontières de l'Est. Les territoires conquis et ceux donnés en fief formèrent un Etat dirigé par cet Ordre, protégé par le Saint Siège dont il dépendait sur le plan de la discipline, et par le Saint Empire Romain. Cet Etat comprenait la Prusse, le Brandebourg et la Poméranie; il revint aux Hohenzollern en 1415.

En 1525, avec la Réforme, l'Etat de l'Ordre se «sécularisa», s'émancipa de Rome. Mais si le lien proprement confessionnel de l'Ordre se trouva ainsi amoindri, celui-ci n'en conserva pas moins son fondement éthique ascétique et guerrier. Ainsi se continua la tradition, qui donna forme à l'Etat prussien sous ses aspects les plus caractéristiques. Parallèlement à la constitution de la Prusse en royaume, l'Ordre de l'Aigle Noir fut créé en 1701, Ordre lié à la noblesse héréditaire, qui reprit pour devise celle des origines et du principe classique de la justice : Suum cuique. Il n'est pas sans intérêt de remarquer que, dans la formation «prussienne» du caractère, spécialement pour ce qui concernait le corps des officiers, on se référait explicitement à une reprise virile du stoïcisme pour la domination de soi, la discipline, la fermeté d'âme et un style de vie sobre et intègre. Ainsi, par exemple dans le Corpus Juris Militaris introduit dans les Académies au 18ème siècle, on recommandait à l'officier l'étude des oeuvres de Sénèque, Marc-Aurèle, Cicéron et Epictète; Marc-Aurèle en particulier fut une des lectures préférées de Frédéric le Grand. Corrélativement, on nourrissait une certaine antipathie pour l'intellectualisme et le monde des lettres (on peut rappeler à ce sujet l'attitude sarcastique et drastique de Frédéric-Guillaume 1er, le «Roi-soldat», qui voulait faire de Berlin une «Sparte nordique» [1]. Le loyalisme («liberté dans l'obéissance») et le principe du service et de l'honneur caractérisaient la classe politique supérieure qui dirigeait l'Etat prussien, anciennement «Etat de l'Ordre», et qui lui conférait sa forme et sa force.

Peut-être faut-il indiquer aussi quelle influence exerça dans certains milieux à une période plus récente et durant la République de Weimar, la Bundesgedanke, la pensée ou l'idéal du Bund, menant à des ébauches de formes organisationnelles. Bund veut dire, en général, ligue ou association; mais, dans ce cas spécifique, l'expression avait un contenu proche de celui d'Ordre, et n'était pas sans relation avec ce qui avait été désigné, dans certaines recherches ethnologiques et sociologiques, sous le nom de Männerbund, c'est-à-dire la «société d'hommes». On pensait à une élite définie par une solidarité exclusivement virile et par une sorte d'auto-légitimité. En Allemagne, avant même le développement du national-socialisme, différents Bünde naquirent donc et, même quand ils avaient de modestes effectifs, avec des orientations diverses et un caractère presque toujours exclusif; dans les cas où le domaine de leurs intérêts interférait avec le domaine politique, ils étaient partisans d'un régime élitaire, opposé aux régimes de masse.

Ces précédents étant rappelés, il faut savoir que l'idée qui pouvait servir à corriger l'hitlérisme, c'était que l'Etat devait être dirigé, plutôt que par un parti unique, justement par quelque chose de semblable à un «Ordre»; et que par conséquent, dans le Troisième Reich, une des tâches fondamentales était la création de cadres qualifiés au moyen de la formation systématique d'une élite, conçue comme l'incarnation typique de l'idée du nouvel Etat et de la vision du monde qui y correspondait. Avec cette différence partielle, par rapport à la tradition précédente, qu'ici on prenait en considération, outre les qualités du caractère, les qualités physiques, le facteur «race» -- avec une référence particulière au type nordique -- étant mis en valeur. Les initiatives prises dans ce sens par le Troisième Reich furent au nombre de deux.

La première fut la constitution, par le parti, de trois Ordensburgen, de trois «châteaux de l'Ordre». Il s'agissait de complexes avec des édifices dont l'architecture voulait s'inspirer du vieux style nordico-germain, avec de vastes terrains annexes, des bois, des prairies et des lacs, où les jeunes étaient accueillis, après une sélection préalable. On leur donnait une formation militaire, physique, morale et intellectuelle, on leur enseignait une certaine «vision du monde», une partie spéciale étant consacrée à tout ce qui a trait au courage et à la résolution, avec aussi des épreuves assez risquées. Entre autres, dans les Châteaux étaient parfois évoqués des procès juridiques avec les aspirants, ou Junker, qui en suivaient le déroulement, jouant le rôle du public : on choisissait des procès où l'honneur et d'autres valeurs éthiques jouaient un rôle, pour éprouver, par une série de discussions, la sensibilité morale et les facultés naturelles de jugement des individus. Rosenberg supervisait les Ordensburgen; ses idées servaient de fondement essentiel à l'endoctrinement, ce qui, étant donné les réserves que nous avons faites sur elles, introduisait dans l'ensemble un facteur problématique. Les jeunes sortis de ces instituts, où ils menaient une vie en «société d'hommes seuls», isolés du reste du monde, auraient été en possession d'un titre particulier et préférentiel pour assumer des fonctions politiques et obtenir des postes de responsabilité dans le Troisième Reich ou, plutôt, dans ce que le Troisième Reich aurait dû devenir.

Mais les SS eurent beaucoup plus d'importance. A la suite de la propagande bien connue de l'après-guerre, à peine parle-t-on des SS que la plupart des gens pensent aussitôt à la Gestapo, aux camps de concentration, au rôle que certaines unités SS jouèrent dans des répressions ou des représailles, pendant la guerre. Tout cela est une simplification assez grossière et tendancieuse. Nous n'entrerons pas dans ce domaine ici, puisque nous n'avons pas à nous occuper des contingences. Dans ce cas comme en d'autres, seules les principes nous intéressent ici, les idées directrices, qu'il faut étudier indépendamment de ce à quoi certaines de leurs applications peuvent avoir donné lieu. Il faut donc mettre en lumière certains aspects de la SS généralement ignorés (et qu'on veut ignorer).

A l'origine, les deux lettres SS étaient les initiales de Saal-Schutz, désignation d'une sorte de garde du corps qu'Hitler, pendant la première période de son activité, avait à disposition pour sa protection et pour le service d'ordre dans les réunions politiques. Ce n'était alors qu'un petit groupe. Par la suite, les deux S se rapportèrent à Schutz-Staffeln (littéralement : «bataillons de protection») et furent stylisés par deux lignes en zig-zag, lesquelles reproduisaient un vieux signe nordico-germain, les «runes de la victoire» et, également, de la «force-foudre». On arriva à la formation d'un véritable corps, pour la protection de l'Etat désormais -- le «Corps Noir» -- distinct des Chemises Brunes, ou SA. Hitler et Göring se servirent de ce corps dans la répression du 30 juin 1934, répression qui mit fin, nous l'avons vu, aux velléités d'une «seconde révolution» radicale à l'intérieur du parti. Pour son rôle joué dans cette action, la SS obtint un statut et des pouvoirs particuliers; elle fut considérée comme la «garde de la révolution nationale-socialiste».

Le véritable organisateur des SS fut Heinrich Himmler, qui fut nommé Reichsführer SS, c'est-à-dire chef des SS pour tout le Reich. Himmler était d'origine bavaroise et d'éducation catholique. Encore étudiant en agronomie, il avait fait partie en 1919 des corps de volontaires qui combattirent contre le communisme. Il avait eu aussi des tendances pro-monarchistes et conservatrices de Droite, qui lui avaient été transmises par son père, lequel avait été le précepteur loyaliste du prince héritier Henri de Bavière. Mais ce fut l'idéal d'un Ordre qui exerça sur lui une fascination particulière, son regard se portant volontiers sur l'ancien Ordre des Chevaliers Teutoniques dont nous avons parlé plus haut. Des SS, il aurait voulu faire un corps capable d'assumer sous une forme nouvelle la fonction même de noyau central de l'Etat que la noblesse avait eue, avec son loyalisme. Pour la formation de l'homme de la SS, il envisagea un mélange d'esprit spartiate et de discipline prussienne. Mais il eut aussi en vue l'Ordre des Jésuites (Hitler disait en plaisantant qu'Himmler était son «Ignace de Loyola») en ce qui concernait une certaine dépersonnalisation poussée parfois jusqu'à des limites inhumaines. Ainsi, on disait par exemple dès le début à celui qui voulait faire partie des SS qu'il devait être prêt, si nécessaire, par sa fidélité et son obéissance absolues, à n'épargner aucun de ses frères; que pour un SS les excuses n'existent pas; que la parole donnée est quelque chose d'absolu. Pour citer un exemple, tiré d'un discours d'Himmler, on pouvait demander à un SS de s'abstenir de fumer; s'il ne promettait pas de le faire, il était repoussé, mais s'il le promettait et si, lui SS, était surpris à fumer, alors «il ne lui restait que le revolver», c'est-à-dire le suicide. Des épreuves de courage physique étaient prévues dans les régiments militarisés : par exemple devoir rester calme au garde-à-vous en attendant l'explosion d'une grenade posée sur le casque d'acier que l'on portait.

Il y avait un autre aspect particulier : la clause raciale. En dehors du sang «aryen» (ascendance aryenne prouvée jusqu'en 1750 au moins) et d'une constitution physique saine, on accordait une grande importance au type de race nordique de haute taille. Himmler, en outre, aurait voulu faire de la SS un Sippenorden, c'est-à-dire un Ordre qui, à la différence des anciens chevaliers, aurait correspondu dans le futur à une race, à un sang, à une lignée héréditaire (Sippe). En conséquence, la liberté des choix conjugaux du SS était fortement limitée. Il ne devait pas épouser n'importe quelle jeune femme (pour ne pas parler de femmes d'une autre race). L'approbation d'un bureau racial spécialisé était nécessaire. Si l'on en acceptait pas le jugement, il n'y avait qu'à sortir de l'Ordre; mais dès l'admission dans celui-ci (après une période probatoire), cette clause était clairement précisée à l'aspirant SS. Ainsi se réaffirmait le biologisme raciste, lié à une certaine banalisation de l'idéal féminin, un relief particulier étant donné à l'aspect «mère» de la femme.

Alors que Hitler nourrissait de l'aversion pour les descendants des vieilles maisons royales allemandes, Himmler avait un faible pour eux et estimait que la SS était, dans le Troisième Reich, le seul corps qui pouvait aussi convenir à des princes. De fait, différents représentants de la noblesse en firent partie. Le prince Waldeck-Pyrmont s'y était enrôlé dès 1929; en 1933 y adhérèrent les princes Mecklenburg, Hohenzollern-Sigmaringen, Lippe-Biesterfeld, etc. Le prince Philippe de Hesse était un ami personnel de Himmler depuis longtemps. Le rapprochement de cette importante organisation du Troisième Reich avec la noblesse allemande dans les dernières années s'exprima aussi dans les relations cordiales maintenues avec le Herrenklub de Berlin (le «Club des Seigneurs») et dans le fait qu'Himmler tint un discours à la Deutsche Adelsgenossenschaft (la Corporation de la Noblesse Allemande). Les rapports avec l'armée furent plus réservés, moins pour des divergences d'orientation que pour des raisons de prestige, lorsque furent créés dans les SS des régiments armés et militarisés et, en dernier lieu, de véritables divisions qui devaient prendre le nom de Waffen-SS. Ce fut pourtant Paul Hausser, lequel avait quitté l'armée alors qu'il était lieutenant-colonel pour militer dans les rangs de la «révolution conservatrice» et du Stahlhelm de Seldte, qui réorganisa en 1935 l'académie des SS et supervisa ensuite l'école des cadets de la SS au «Welfenschloss» de Brunswick.

En se développant, la SS se ramifia en de multiples sections, dont certaines, étant donné leur caractère spécifique, laissèrent sans doute au second plan les aspects d'«Ordre». Nous pouvons faire abstraction ici des SS à «Tête de Mort» qui eurent des fonctions parallèles à celles de la police ordinaire et de la police d'Etat (du reste, par un décret du 17 juin 1936, Himmler fut aussi nommé chef de la police au ministère de l'intérieur); c'est ce secteur des SS qui entre éventuellement en question pour certains aspects négatifs du corps, utilisés par la suite pour rendre abominable la SS toute entière. Nous signalerons seulement la Verfügungstruppe SS, qui était une force armée «à disposition», dépendant directement du chef du Reich; en juillet 1940, elle donna naissance aux Waffen-SS, c'est-à-dire à des unités militaires d'élite, dont les performances élevées (étant donné la formation personnelle exigée de l'homme de la SS) durant la deuxième guerre mondiale devaient imposer à l'ennemi respect et admiration. La section Rusha (initiales de Rasse und Siedlungshauptamt), qui s'occupait de questions raciales et de colonisation interne peut également être laissée de coté ici. Ce sont les initiatives d'ordre culturel de la SS qui peuvent, peut-être, présenter ici un intérêt.

La réalisation de l'idéal d'Himmler rencontrait une espèce de handicap dans le fait qu'un Ordre au sens propre présuppose un fondement également spirituel; mais, dans ce cas précis, on ne pouvait absolument pas se référer au christianisme. En effet, l'orientation anti-chrétienne, l'idée que le christianisme était inacceptable en raison de tout ce qu'il contient de non-aryen et de non «germanique», cette idée était très prononcée chez les SS et, malgré une certaine tension existant entre Himmler et Rosenberg, il y avait entre eux, sur ce point, une indiscutable convergence de vues. Christianisme et catholicisme étant exclus, le problème de la vision du monde se reposait donc, pour tout ce qui allait plus loin que la discipline sévère et la formation du caractère; les SS eurent aussi l'ambition d'être une weltanschauuliche Stosstruppe, c'est-à-dire une force de rupture dans le domaine de la Weltanschauung justement. Depuis longtemps au sein de la SS, s'était constitué le SD, ou «Service de Sécurité» (Sicherheitsdienst), qui aurait dû avoir lui aussi, en principe, des activités culturelles et de contrôle culturel (déclaration d'Himmler en 1937). Même si le SD se développa par la suite dans d'autres directions, y compris le contre-espionnage, son Bureau VII garda un caractère culturel, et des savants et des professeurs sérieux firent aussi partie du SD. Par ailleurs, on pouvait devenir un SS «d'office», ad honorem (Ehrendienst, service honorifique) : cette possibilité regardait les personnalités de la culture dont on estimait qu'elles avaient apporté une contribution valable dans la direction que nous avons indiquée plus haut. Nous pouvons citer, par exemple, le professeur Franz Altheim, de l'université de Halle, célèbre historien de l'Antiquité et de Rome, et le professeur O. Menghin, de l'université de Vienne, éminent spécialiste de la préhistoire. L'Ahnenerbe [2], institut particulier de la SS, avait pour tâche de faire des recherches sur l'héritage des origines, du domaine des symboles et des traditions au domaine archéologique.

En effet, l'attention était tournée vers ce qu'on pouvait tirer de cet héritage en matière de vision du monde, et dans ce champ de recherche l'exclusivisme nationaliste de certains milieux fut mis de côté. C'est ainsi par exemple que Himmler fit subventionner le Hollandais Hermann Wirth, auteur de l'Aurore de l'Humanité [3], gros ouvrage sur les origines nordico-atlantiques, et fit inviter pour des conférences un auteur italien [4] qui avait fait des recherches dans ce domaine également et, en général, sur le monde de la Tradition, se tenant à distance du catholicisme et du christianisme mais évitant les déviations déjà signalées par nous à propos de Rosenberg et d'autres auteurs [5].

Il découle de tout cela que les SS présentèrent un cadre assez différent et plus complexe que ce qu'on pense couramment. Si ces initiatives particulières restèrent en germe, le fait de les avoir conçues n'en a pas moins un sens. En principe, l'idéal d'un «Etat de l'Ordre», dans son opposition à l'Etat totalitaire, dictatorial, de masse, et à l'Etat-parti, ne peut qu'être jugé positivement du point de vue de la Droite; nous avons déjà eu l'occasion de nous exprimer à ce sujet en critiquant la notion fasciste du parti unique. Dans le cas spécifique de l'Allemagne, tout aurait dépendu de ceci : dans quelle mesure aurait-on pu arriver à une intégration des éléments de Droite encore dans la place, avec une rectification des aspects du Troisième Reich qui étaient, pour certains représentants de la «révolution conservatrice» et de l'esprit prussien, une contrefaçon usurpatrice de leurs idées.

La SS acquit toujours plus d'importance politique, au point qu'on put parler d'elle comme d'un «Etat dans l'Etat» ou, carrément, d'un «Etat des SS». En effet, elle eut des cellules dans de nombreux postes clés du Reich, dans l'administration, la diplomatie, etc. La conception d'un Etat de l'Ordre impliquait, en effet, que des hommes de l'Ordre fussent désignés pour ces postes, comme cela avait été le cas pour la noblesse dans le passé.

Enfin, il faut faire allusion aux Waffen-SS. Après le mois de juillet 1940, les formations de SS qui, à l'origine et en temps de paix, avaient été conçues comme une «force à disposition», donnèrent naissance à des unités militaires et à des divisions blindées qui, tout en gardant une certaine autonomie, se battirent aux cotés de la Wehrmacht. C'est de ces Waffen-SS que naquit, vers la fin de la deuxième guerre mondiale, ce que certains appelèrent «la première armée européenne». Himmler approuva l'idée, formulée tout d'abord par Paul Hausser et reprise ensuite par Gottlob Berger, de constituer avec des volontaires de toutes les nations des divisions de Waffen-SS pour lutter contre la Russie communiste et pour défendre l'Europe et sa civilisation. Ainsi furent repris, pratiquement, la fonction qu'avait eue, aux origines, l'Ordre des Chevaliers Teutoniques en tant que garde à l'Est et, simultanément, l'esprit qui avait animé les Freikorps, les volontaires qui, de leur propre initiative, avaient combattu les bolcheviques dans les régions orientales et dans les pays baltes après la fin de la première guerre mondiale. Au total, plus de dix-sept nations furent représentées dans les Waffen-SS, avec de véritables divisions : Français, Belges, Hollandais, Scandinaves, Ukrainiens, Espagnols et même Suisses, etc. L'ensemble compta jusqu'à 800 000 hommes environ, dont une part seulement venait de la zone germanique, les volontaires ne se souciant pas d'être considérés parfois, à cause de cela, comme des traîtres et des «collaborateurs». Mais par la suite les survivants furent souvent persécutés et poursuivis dans leurs nations respectives [6].

Dans un discours prononcé à Poznan le 4 octobre 1943, Himmler parla carrément des SS comme de l'Ordre armé qui, à l'avenir, après l'élimination de l'Union Soviétique, aurait dû monter la garde de l'Europe sur l'Oural contre «les hordes asiates». L'important, c'est que dans cette situation un certain changement de perspective eut lieu. On cessa d'identifier l'«aryanité» à la «germanité». On voulait combattre non pour un national-socialisme expansionniste reposant sur un racisme unilatéral, non pour le pangermanisme, mais pour une idée supérieure, pour l'Europe et pour un «Ordre Nouveau» européen. Cette orientation gagna du terrain dans la SS et s'exprima dans la déclaration de Charlottenburg publiée par le Bureau Central des SS vers la fin de la guerre; ce texte était une réponse à la déclaration de San Francisco faite par les Alliés sur les objectifs de la guerre, «croisade de la démocratie». Dans cette déclaration de Charlottenburg, il était question de la conception de l'homme et de la vie propre au Troisième Reich et, surtout, du concept d'Ordre Nouveau, lequel n'aurait pas dû être hégémonique, mais fédéraliste et organique.

Il faut rappeler, d'autre part, qu'on doit à Himmler une tentative de sauvetage in extremis (considérée par Hitler comme une trahison). Par l'intermédiaire du comte Bernadotte, Himmler transmit aux Alliés occidentaux une proposition de paix séparée, et ce afin de continuer la guerre uniquement contre l'Union Soviétique et le communisme. On sait que cette proposition -- qui, si elle avait été acceptée, aurait peut-être pu assurer à l'Europe un autre destin, évitant ainsi la «guerre froide» qui allait suivre et le passage au communisme de l'Europe située au-delà du «rideau de fer» -- fut nettement repoussée au nom d'un aveugle radicalisme idéologique, tout comme avait été repoussée, pour la même raison, l'offre de paix faite par Hitler à l'Angleterre en des termes raisonnables, lors d'un fameux discours de 1940, donc à un moment où les Allemands étaient les vainqueurs.



[1] Par association d'idées, on peut faire allusion à une certaine aversion pour le type de l'«intellectuel», aversion qu'on peut relever dans le fascisme, mais bien plus encore dans le national-socialisme; en effet, le fascisme italien eut du respect pour les intellectuels et les hommes d'une certaine renommée culturelle et voulut que ceux-ci fissent preuve d'adhésion formelle au régime sans trop se soucier de leur mentalité effective, alors que dans le national-socialisme on eut peu d'égards pour eux et on les laissa, s'ils le voulaient, partir à l'étranger, sans tenir compte de leur célébrité (on attribue même à Goebbels les propos suivants : «Quand j'entends parler de culture, je sors mon revolver» [Evola se laisse ici influencer par la propagande antinazie, qui attribue à Goebbels une phrase qu'il n'a jamais prononcée, NDR] ). Cependant, il faut tenir compte du rôle joué en Allemagne par une lourde Kultur érudite agnostique et par une lignée d'intellectuels d'extraction bourgeoise et de formation humaniste et libérale. Réfractaires à toute mystique de l'Etat et de l'autorité, ils avaient pour dogme l'antithèse entre culture et esprit d'une part, puissance, politique et vertus militaires et guerrières de l'autre. Mais en général, du point de vue d'une Droite aristocratique, une certaine distance par rapport aux «intellectuels» et aux «hommes de culture» est légitime, par rapport à ces hommes qui ont prétendu être, après l'avènement de la bourgeoisie et la crise des anciens régimes, les vrais représentants des valeurs spirituelles.

[2] Ahnenerbe : «Héritage des ancêtres». Cette organisation, dépendant de la SS, fut fondée en 1935. Elle comprenait de nombreuses sections, et était chargée des recherches concernant les traditions des peuples nordico-aryens, dans des domaines aussi variés que le symbolisme, la religion, l'histoire, l'anthropologie, l'archéologie, la géopolitique, etc. Elle organisa et finança, entre autres, deux expéditions au Tibet, ainsi que les recherches d'Otto Rahn sur les Cathares. L'Ahnenerbe est considérée par de nombreux auteurs comme le véritable coeur ésotérique du national-socialisme. (NDR)

[3] Hermann Wirth (1885-1981), né à Utrecht, croyait à l'existence d'une civilisation arctique originelle, dont il affirmait pouvoir retracer les migrations grâce à la «série sacrée», ensemble de symboles primordiaux comprenant la roue solaire, la hache bicuspide, la spirale, certaines runes, etc. Cette civilisation aurait possédé une religion déjà supérieure, un monothéisme solaire basé sur une sorte de révélation naturelle, dont le moment le plus intense était le solstice d'hiver. Ainsi la civilisation ne viendrait pas de l'Orient, mais du Nord. Une race prédestinée, la race nordico-atlantique, en était la fondatrice, et transmit plus tard ses connaissances à d'autres cultures, après la glaciation et l'émigration forcée. Malgré les apparences, Wirth avait des divergences importantes avec les théories nazies, car il contestait l'origine continentale des Indo-européens et surtout, il croyait au matriarcat primitif, ce qui lui valut l'hostilité tenace de Rosenberg. Wirth se plaça alors sous la protection de Himmler, fut co-fondateur de l'Ahnenerbe en 1935, mais prit ses distances à partir de 1938. Il écrivit de nombreux livres dont le plus connu est Der Aufgang der Menschheit (1928), qui peut se traduire par «L'aurore de l'humanité», ou «La marche en avant de l'humanité». (NDR)

[4] Julius Evola parle ici de lui-même. (NDT)

[5] Mais il est regrettable, dans le domaine des publications, qu'on ait laissé un hebdomadaire prendre comme titre Das Schwarze Korps («Le Corps Noir»), car ce journal se complaisait dans de grossières attaques contre le clergé catholique et dans un antisémitisme non moins grossier et fanatique.

[6] Une infamie sans nom fut accomplie par les Américains vainqueurs qui remirent à l'Union Soviétique les régiments de volontaires ukrainiens arrêtés par eux seuls alors que tout était perdu, et ce en étant pleinement conscients de les envoyer à la boucherie. On doit noter que, dans la formation des nouvelles unités de Waffen-SS, presque tout fut axé sur l'aspect militaire, ce qui se rapportait à l'idéal d'un Ordre étant souvent laissé de coté. Le commandant d'une division blindée de Waffen-SS, le général Steiner, devait prétendre après la guerre (dans son livre Die geächtete Armee) que ces formations étaient sur le même plan que celles de la Wehrmacht et qu'elles devaient donc être traitées comme telles, qu'elles n'avaient rien à voir avec les «lubies romantiques» d'Himmler (il s'agit justement de son idée de la SS comme un Ordre), au sujet duquel le général Steiner se prononce d'une façon très antipathique et présomptueuse. "
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Message  elfeeolh45 le Ven 16 Avr - 16:22



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Message  elfeeolh45 le Ven 16 Avr - 16:25

Le site du Groupement de Recherche et d'Études pour la Civilisation Européenne

http://www.grece-fr.net/textes/_txtWeb.php?idArt=853
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Message  elfeeolh45 le Ven 16 Avr - 16:27

Race du corps, race de l'âme

Julius Evola a écrit ce texte dans le contexte des années 30-40, et certaines idées apparaîtront comme datées, voire choquantes -- mais il faut voir que dans le cadre général de la pensée «fasciste» de l'époque, Evola était plutôt modéré (par exemple il a toujours été très critique vis-à-vis du racisme biologique des nationaux-socialistes) et se plaçait aussi sur un plan plus élevé, mythique et spirituel. Dans la brochure dont est extrait le texte qui suit, Evola utilise souvent les mots «raciste» ou «racisme» : il faut bien saisir que ces deux mots n'avaient absolument pas le sens négatif, haineux, qu'ils ont aujourd'hui. A l'époque, le mot «racisme» avait plutôt une signification positive, celle de défense de la race (pas seulement chez les Blancs, d'ailleurs), sans impliquer nécessairement la haine des autres races, et s'appliquait à toutes les recherches qui pouvaient être menées dans ce domaine. C'est évidemment dans ce sens que ce mot est utilisé par Evola (on utiliserait aujourd'hui le mot «racialiste»).

" Race et nation

Il n'existe pas de raciste, même extrémiste, qui ne soit prêt à reconnaître que des expressions telles que «race italienne», «race allemande», «race anglo-saxonne» et même «race hébraïque» sont scientifiquement incorrectes car, en ce domaine, il convient au contraire de parler de peuples ou de nations, sachant pertinemment qu'à notre époque aucun peuple et aucune nation ne peuvent prétendre correspondre à une race unique, pure et homogène. Nous le démontrerons bientôt en faisant valoir qu'aujourd'hui, quand on parle de race, on ne recourt plus aux grandes catégories générales de l'anthropologie d'hier (laquelle se contentait de parler de races blanche, noire, rouge, jaune, etc.), mais on se réfère à des unités ethniques plus individualisées et plus originelles que, d'une certaine manière, l'on pourrait comparer aux corps simples (ou «éléments») qui sont les données de base de la chimie dans son étude des composés. Les nations et les peuples seraient, par conséquent, des composés -- plus ou moins stables et homogènes -- de tels éléments. C'est ainsi que pour Deniker, par exemple, le mot «race» se réfère à un ensemble de caractéristiques que l'on rencontrait à l'origine chez un ensemble d'individus mais qui, aujourd'hui, sont éparpillées dans des proportions variables en ces divers groupes ethniques que sont précisément les peuples et les nations modernes -- groupes qui se distinguent les uns des autres principalement par la langue, le mode de vie, les moeurs, etc.

Quels sont alors les rapports qui subsistent entre l'idée nationale et l'idée raciale ?

Où réside l'élément prépondérant : dans la nation ou dans la race? Si délicat qu'il soit, ce problème doit être abordé, car si en la matière, notre position venait à manquer de clarté, il serait impossible de pénétrer le sens et le bien-fondé de tous les aspects pratiques et «opérationnels» du racisme, et notamment du racisme sélectif. Tout comme les peuples, les nations sont des synthèses. On peut concéder que les éléments qui figurent dans une telle synthèse ne sont pas uniquement raciaux lorsque l'on conçoit la race comme une entité purement ethnique et anthropo-biologique. Mais cette conception-là n'est pas la nôtre. Pour nous, la race est une entité qui se manifeste aussi bien dans le corps que dans l'esprit. Les différentes formes de la culture, de l'art, de la religion, de l'éthique, etc., sont des manifestations de la «race de l'âme» et «de l'esprit». C'est ainsi que les éléments non ethniques et non anthropologiques qui permettent de définir une nation peuvent eux aussi devenir l'objet des recherches «racistes».

A présent, il convient de dire quelques mots à propos des conséquences du métissage. Relevons tout d'abord que, lorsque des races hétérogènes se mêlent, le résultat n'est pas seulement (ou n'est pas toujours) la dénaturation, chez leurs descendants, des traits caractéristiques propres aux types purs correspondants. En fait, on observe une hybridité beaucoup plus grave quand à ses effets, c'est-à-dire une descendance chez qui, à la «race du corps» d'un type donné ne correspondent plus la «race de l'âme» ni la «race de l'esprit» qui, de façon normale, devraient y correspondre et auxquelles, à l'origine, elle était liée : une dysharmonie et, souvent même, un déchirement intérieur en découlent nécessairement.

En second lieu, il est nécessaire de s'arrêter sur la généralisation de deux concepts propres à la théorie de Mendel concernant l'hérédité des croisements : ceux de «dominant» et de «récessif». Dans un croisement, il peut arriver que, chez les descendants, durant une ou plusieurs générations, viennent à prédominer seulement les caractéristiques de l'un des deux types, au point de faire naître l'illusion qu'aucun mélange, qu'aucun abâtardissement ou hybridisme n'a eu lieu. Ce n'est que simple apparence. Les «phénogènes», c'est-à-dire les potentialités héréditaires (y compris celles de l'autre type), se transmettent et agissent chez les descendants, mais sous une forme latente ; elles sont, pour ainsi dire, «en embuscade», du fait que, pendant un cycle donné, seule a prédominé l'influence des «phénogènes» propres au premier type. Mais à un moment ou à un autre, elles réapparaîtront, elles s'affirmeront de manière visible et détermineront une forme correspondante. Ce sont ces caractéristiques latentes qui définissent la qualité «récessive» par opposition à l'autre, dite «dominante».

Tandis que, dans le domaine strictement biologique et dans celui des espèces naturelles -- végétales et animales -- la fonction «récessive» et la fonction «dominante» sont, dans leur alternance, soumises à des lois objectives et impersonnelles, leur application aux races humaines fait à nouveau intervenir le facteur spirituel. Une qualité reste «dominante» lors de croisements qui restent cantonnés dans certaines limites : tant que subsiste une certaine tension, une certaine présence à soi-même, pour ainsi dire, de la race. Quand cette tension diminue, la qualité «dominante» cesse d'être telle et des influences externes -- que, jusqu'ici, celle-ci obligeait à demeurer «récessives», c'est-à-dire présentes uniquement de façon latente -- se manifestent à leur tour.

Une fois précisées ces notions élémentaires en matière de doctrine de la race, on peut affronter le problème des rapports existant entre race et «nation», entre race et «peuple». Nous avons dit que les nations comme les peuples sont, aujourd'hui, à rigoureusement parler, des entités ethniques mixtes qui, sous leur forme actuelle, procèdent de diverses vicissitudes historiques. Les unes et les autres sont des points de jonction non seulement de diverses «races du corps», mais aussi de diverses «races de l'esprit», lesquelles constituent le substrat plus profondément enfoui d'éléments de civilisations et d'influences culturelles variés. Le point de vue qui prévalait à l'ère démocratique était, en ce qui concerne les nations, d'ordre historiciste et agnostique : on évitait le problème de la genèse et de la formation des nations en acceptant celles-ci comme des «faits accomplis» d'une communauté donnée et l'on s'évertuait simplement à maintenir selon un certain équilibre les diverses forces qui agissaient en son sein, souvent même de façon contradictoire.

Avec le racisme et, simultanément, [avec] les nouveaux concepts d'Etat et de nation définis par le fascisme, le point de vue est tout autre. Le problème des origines ne peut plus être éludé dans la mesure où l'on reconnaît que la ligne de conduite politique ne peut être un «système d'équilibre», mais la ferme direction de l'Etat et de la nation par une élite, par un noyau représentant l'élément le plus valable et le plus digne par rapport à n'importe quel autre -- au point qu'il est souhaitable que ce soit lui qui donne son empreinte au tout. C'est alors que le problème de la formation des nations exige qu'on le replace dans un cadre bien différent de l'ancien, et non plus simplement historiciste. A l'origine de toute véritable tradition nationale, on voit une race relativement pure et homogène -- du moins en tant que race dominatrice vis-à- vis d'autres races qui lui sont soumises. On constate aussi qu'au cours des siècles, cette race originelle a traversé des vicissitudes dramatiques et parfois même tragiques ; qu'il y a eu des époques et des civilisations où elle a perdu de sa vigueur, où des influences étrangères ont fini par faire partie des unités politico-sociales créées par elle, où les lois naturelles de la race furent bafouées, où, dans le domaine des créations culturelles et spirituelles, un métissage se manifesta du fait qu'avaient été accueillis des éléments propres à d'autres races -- lesquels parvinrent à faire en sorte que ce qui avait jusque-là conservé un caractère «dominant» ne persistait plus que sous une forme étouffée, «récessive». Par ailleurs, on constate également des résurgences sporadiques de la race et de la tradition originelles, leur tendance à se maintenir malgré tout, à s'affranchir ou à se réaffirmer, à donner lieu de nouveau à des formes et à des créations fidèles à leur nature propre.

C'est conformément à cette nouvelle façon de voir que doit être écrite et enseignée toute notre «histoire nationale», non pas en vue d'une connaissance abstraite ou de stériles récriminations, mais bien de promouvoir des décisions d'ordre intérieur et une formation de la volonté bien précises. Il faut, par conséquent, s'imprégner de cette idée que, dans le composé «nation», a existé et existe toujours une «race supérieure». Tout ce qui, venant de l'extérieur, de races différentes, s'ajoute à la tradition nationale née de cette race-là, n'a eu et n'aura, en principe, une valeur positive que dans l'exacte mesure où les origines raciales dont ceci procède sont similaires et lorsque prévalent des conditions grâce auxquelles le noyau originel peut maintenir, avant tout dans le domaine spirituel, sa qualité «dominante». Si tel n'est pas le cas, ce qui s'est ajouté est toujours quelque chose d'inutile, de paralysant ou même de dissolvant. En ce qui concerne l'avenir, si l'on doit évidemment tendre à maintenir la cohésion et l'intégrité de la synthèse correspondant à un peuple donné, il faut aussi être conscient du danger consistant, pour le reste, à «laisser faire l'histoire». Il faut au contraire agir afin que la partie racialement la plus valable incluse dans la nation se conserve et même se développe au long des générations futures et qu'inversement, les composantes les moins valables (ou simplement secondaires) ne prennent de l'extension et ne se renforcent au point de prévaloir.

C'est dans les diverses vicissitudes et dans les diverses époques des «histoires nationales» qu'un œil averti devra précisément s'habituer à reconnaître les aspects cachés, y compris sur le plan racial, à découvrir l'alternance d'influences d'éléments qui, de «récessifs» deviennent «dominants» (et vice versa) et dont procèdent des périodes ou des cycles qui ne sont nullement les étapes d'un processus homogène et continu, mais des symptômes et des manifestations de l'une ou de l'autre de ces composantes qui, par croisement, se sont associées au cours de l'histoire.

De ce point de vue, la «race» -- en tant que «race éminente» -- signifie sans nul doute bien plus que la simple «nation» : c'est l'élément dirigeant et formateur de la nation et de sa civilisation dominante. Et ceci est parfaitement conforme à l'idée fasciste. Le fascisme -- divergeant en cela du national-socialisme et le dépassant -- se refuse, en fait, à concevoir la «nation» en dehors de l'Etat. Pour le fascisme, c'est l'Etat qui donne forme et conscience à la nation. Mais l'Etat, à son tour, n'est pas une entité abstraite et impersonnelle : selon l'idée fasciste, l'Etat est lui aussi l'instrument d'une élite politique, des meilleurs éléments de la «nation». Avec le racisme, on fait un pas de plus en avant : cette élite est destinée à reprendre le flambeau de la race et de sa tradition la plus haute, présentes dans le composé national. Et lorsque Mussolini disait, en 1923 : «Rome est toujours, comme demain et dans les siècles à venir, le puissant cœur de notre race ; c'est le symbole impérissable de notre vitalité», il indiquait déjà sans équivoque la direction d'une décision inéluctable : la race idéale de la nation italienne, c'est la race de Rome, c'est celle qu'à juste titre nous avions qualifiée d'«aryo-romaine».

Rappelons également ce que disait Mussolini, toujours en 1923, en s'adressant à l'élite fasciste : «Vous représentez réellement le prodige de cette vieille et merveilleuse race qui, certes, connut des heures sombres, mais jamais les ténèbres du déclin. Si elle apparut par moments éclipsée, ce fut toujours pour renaître avec plus de clarté encore». Tout ceci correspond très exactement à ce que, il y a peu, nous avons exposé en termes de «racisme» en évoquant la persistance héréditaire de la race primordiale et des vicissitudes nées de l'alternance des formes «dominantes» et «récessives» au cours du développement des histoires «nationales». "
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Message  Landser le Ven 16 Avr - 19:58

Merci, camarade, c'est tres eclairant.
Comme je tape avec deux doigts, j'aurais besoin trois jour pour produire un texte parail!
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Message  elfeeolh45 le Lun 26 Avr - 13:51

t'as ka pas mettre tes doigts sur la meule ! Very Happy lol
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Message  Landser le Lun 26 Avr - 13:58

Hi,hi,hi, l'a l'esprit taquin, aujourd'hui, mon elfe..........
Chapeau quand même pour ton papier, il me plait beaucoup....................
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Message  elfeeolh45 le Jeu 29 Avr - 19:10

"Héritages romains", dans Histoire et tradition des européens. Dominique Venner.

En 1665, un capitaine corsaire fut chargé par les armateurs malouins de protéger leurs navires des attaques barbaresques.
Ayant été capturé, il se vit offrir par le dey d'Alger d'aller porter à Louis XIV des propositions de paix. La vie d'une centaine d'esclaves français cautionnait sa démarche et l'obligation de revenir reprendre ses chaines en cas d'insuccès. Il alla à Versailles. L'offre du dey ayant été rejetée, il passa par Saint-Malo, mit ses affaires en ordre et fit ses adieux à sa famille.
Puis il retourna en Afrique. Le dey le fit exécuter, attaché à la gueule d'un canon. Il s'appelait Pierre Porchon de la Bardinais. Son nom est oublié.

L'héroïsme "romain" de ce gentilhomme français rappelle irrésistiblement celui de Regulus, consul en 256av JC et général.

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Message  elfeeolh45 le Mer 6 Oct - 12:02

Je suis devenu fan des œuvres de Dominique Venner, je m'oriente donc vers un sujet complet sur ces travaux... aidez moi ici : ( à venir ).
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